Ils ont lu, ils en parlent

J'ai lu avec infiniment d'intérêt votre dernier livre. Nous avons tous vu partir nos parents et rencontré ce genre de problèmes. [...] Quant au portrait de votre mère, il mériterait un livre à lui tout seul. Vous avez un réel talent pour dépeindre les personnages. Il faudra un jour en faire une pièce ! [...] Encore bravo !
Bernadette V. (Lambersart), bibliothécaire

L’écriture est dynamique, pleine d’humour, j'ai lu ce livre d’une traite, je ne me suis pas ennuyée une seconde malgré son noir contenu, il touche tout un chacun car personne n’est à l’abri de ce genre de maladie en fin de vie.
Le personnage de la mère est très haut en couleurs, on l’imagine parfaitement, c’est un des grands points forts de ce récit. Elle est à la fois odieuse et malgré tout sympathique, attachante.
Face à cette harpie, l'auteur apparait très courageuse, patiente et généreuse, elle en sort grandie. J’espère que ce livre l’a aidée psychologiquement à se reconstruire.
Corine C. (Varennes), artiste peintre, écrivain

 A la lecture de l'article de la Voix du nord , je me suis précipité chez mon libraire afin d'acquérir un exemplaire de votre ouvrage. Acheté à 9h00, j'en ai achevé lecture avant midi tellement j'ai trouvé votre ouvrage passionnant et dans lequel j'ai retrouvé les symptômes de la maladie dont souffre ma mère depuis quelques années, mais pour l'instant sous une forme moins aiguë que votre mère, mais on nous a annoncé une évolution très rapide de cette maladie dont le nom donne des frissons" la démence à corps de lewy" , après lecture de votre ouvrage nous connaissons l'évolution de cette terrible maladie qui nous laisse désarmés face à celle-ci et devant le silence des médecins. Je vais donc transmettre votre ouvrage à mes frère et soeurs afin qu'ils se fassent leur opinion sur l'évolution de ce syndrome.

Veuillez madame recevoir d'un de vos lecteurs passionnés les plus vifs remerciements pour ce magnifique ouvrage

Bertrand B. (Croix)

 Voici mes impressions de lecteur « au débotté » : j’ai trouvé ce livre poignant et il m’a donné matière à réfléchir sur la famille, la mort, le divorce,  l’euthanasie…

J’ai cependant quelques minuscules réserves sur la forme : je n’apprécie pas, à titre personnel, les notes de bas de page. Je trouve qu’elles n’ont pas leur place dans un récit. Je n’aime pas quand l’auteur (suite à un regain de didactisme zélé ou déformation professionnelle du pédagogue ?) prémâche le travail au lecteur en lui délivrant des clés de lecture, moyennant quoi il ne prendra pas la peine de chercher et ne lira pas plus loin que le bout de son nez.
En revanche, j’ai été plus que séduit par le jeu typographique et discursif entre une mémoire « démente »  délivrée par bribes (aux prises entre obstination, obsession et oubli) et « une mémoire démentielle » délivrant en italique des bribes de souvenirs, des réminiscences très précises, un horizon spectral, des vestiges du passé. J’ai apprécié le jeu épistolaire et j'aime aussi la part de ressassement qu’offre l'écriture. Entendons-nous bien, un ressassement au sens étymologique du terme, « repasser plusieurs fois au sas (au tamis) afin de rendre plus pur », « examiner minutieusement  »…
Merci donc pour ce beau moment de lecture, pour ce récit sur le naufrage d’une mémoire à la dérive. 
Sébastien D., Lambersart, étudiant en Lettres

La Bretagne était le site idéal pour m'intéresser aux avaries des bateaux et je me suis donc plongé, sans combinaison de protection, dans les eaux périlleuses du rapport aux parents et de la perte de mémoire (je vais essayer de ne pas oublier ce que je voulais dire au fur et à mesure de la lecture).
Je passe sur les qualités intrinsèques du texte, le caractère direct du style, les références nombreuses et, plus insolite, la dimension multilingue (voir page 114 'Maman "sonnera" mon frère'). La lecture est agréable, fluide malgré l'aridité du sujet. L'humour entre les lignes émerge parfois, un humour tout en nuance et en subtilité qui sait éviter l'incongruité du rire aux éclats et n'oublie jamais la dimension pathétique de la situation.
Le lecteur sort inévitablement 'impacté' (je déteste ce mot copié à la littérature anglosaxonne, sans doute par la société carglass) mais cet impact n'est pas celui auquel il aurait pu s'attendre: A côté des considérations générales attendues sur les conditions de la mort, ce sont les dimensions de l'expérience vécue qui demeurent les plus marquantes: complexité des liens mère-fille, délire exacerbé par le cynisme, voire le sadisme, perversité de l'utilisation de la maladie à des fins traumatisantes .. on ne peut qu'être glacé par tant de haine, mais en même temps on ne peut éviter de ressentir une forme de pitié pour cette femme qui donne l'impression d'être immortelle, tant son énergie dans la nuisance semble inépuisable, mais en même temps court à une fin prochaine. Ce 'chaud et froid' accroît certainement l'impact sur le lecteur.
J'ai beaucoup apprécié le récit des aventures avec le milieu médical. Le système de soins français brille par la qualité des soins (la médecine française est classée parmi les meilleures au monde) mais on oublie de préciser que l'organisation des soins (la prise en charge du patient) arrive très loin derrière dans le classement.
En tout cas, bravo pour ce livre. Je n'ai pas exprimé tout ce que j'avais à dire, mais je pense avoir synthétisé ce qui m'a semblé le plus important.
Gérard C., ingénieur en informatique, Paimpol

Voilà un livre que je n'aurais sans doute jamais lu, s'il n'y avait eu une maman de 85 ans qui est passée, seule, par des épreuves physiques et morales difficiles pendant que j'étais tranquillement en train de siroter le soleil sur une île quelque part où il fait (presque ) toujours beau.
Infarctus, arrêt cardiaque, A.V.C., et re-infarctus.
Et moi qui d'abord ne me doutais de rien, et qui ensuite n'ai pas pu intervenir! 
D’ailleurs à quoi aurais-je pu servir, le corps médical ayant fort heureusement pris les choses en main avec efficacité...
En lisant le livre j'ai réalisé le lien fort qui m'unissait à ma mère, et le bonheur que j'ai de l'avoir vue revenir d'abord à la "vie" puis à la vie "presque normale".
Merci pour ce témoignage, qui permet de relativiser beaucoup de choses et qui donne le courage d'avancer contre vents et marées lorsque la "bouée" ou le "repère" de l'enfance chavire!
Loulou

C’est avec gourmandise que j’ai parcouru ce passionnant récit.
Remarquable analyse d’un chemin marqué du sceau d’un diagnostic de « démence paranoïaque hallucinatoire » avérée
Tout est décrit à la manière des observations cliniques dont se chargent les étudiants en médecine, ce qui forme leur expérience de la maladie des prémices aux multiples complications, ce qui les confronte aux limites de la profusion de technologies dont ils disposent ainsi qu’aux limites de leur « art »
Chacun est désormais face à la « finitude humaine ».
En face de cette Maman, capitaine d’un bateau ivre, une fille adulte et soumise qui découvre l’innommable, l’installation dans une dérive incompréhensible d’un cerveau sans mémoire immédiate et en plus hors contrôle de la bienséance sociale, voire d’une certaine bienveillance maternelle.
Chaque chapitre est conçu tel un scénario de cinéma, écrit avec une certaine verdeur et beaucoup de justesse. Les sentiments humains foisonnent : devoir filial quelles que soient les exigences les plus farfelues, culpabilité, rancœur à l’évocation de certains souvenirs d’enfance, fatigue morale, fatigue physique, envie de larguer les amarres du bateau.
Page 107 : L’auteur décrit l’évolution de la personnalité allant de la caricature à la découverte d’une autre personne en contradiction avec l’original. C’est le point fort et l’intérêt du livre.
Dr M.T. Leopold

C’est notre vie qui s’efface
Et l’on tombe dans l’oubli
Mais parfois on refait surface
Et la vie à nouveau nous sourit

C’est le grand silence de la mémoire
Qui cache notre joie et notre histoire
De notre vie heureuse de notre passé
Qui s’éloigne de nous pour l’éternité

Ainsi on se sent seul, et on a peur
Car on ne connaît plus le bonheur
A jamais on est plongé dans l’oubli
On se sent perdu, noyé dans l’infini

Puisque l’on ne reconnait plus personne
Que surtout, tous nos souvenirs s’effacent
Et qu’hélas on ne devient plus personne
C’est ainsi que doucement notre vie passe

Car cette grande souffrance de l’esprit
Qui ronge en nous doucement notre vie
N’offre hélas aucune place à la quiétude
Mais au désespoir la peur avec certitude

Nos familles et nos amis ainsi souffrent en silence
De voir fuir en nous le bonheur et toutes espérances
De nous voir s’éteindre dans la crainte et dans la peur
Par cette cruelle maladie que l’on appelle Alzheimer.
Jos W. (Belgique)

Ce récit assez dense, se lit d'une traite, sans presque reprendre sa respiration. Et l'on en ressort effaré, hors d' haleine, les larmes aux yeux, comme si l'on avait pris un coup de poing en plein coeur !
Pourtant, l'on s'attache à cette expérience familiale terrible, sans doute par ce qu'elle trouve un écho dans un bon nombre d'autres familles qui ont vécu une histoire similaire ou qui la vivent encore. Ce qui la différencie des autres, c'est la manière originale dont elle nous est contée, dans une langue rapide et nerveuse qui fait peu appel au pathos. De plus, chaque chapitre porte le titre d'un film et les cinéphiles avertis s'ingénieront sans doute à faire coîncider le déroulé du récit avec les scénarios évoqués. Une façon sans doute de ne pas se laisser envahir par l'émotion, à la fois pour la narratrice et son lecteur.
Mais par-delà l'exercice de style, on est frappé par le personnage central, cette mère atteinte de cette maladie odieuse et dépeinte comme une personne dure, exigeante et difficile à vivre et qui toute sa vie a souffert de ce manque d'amour criant qu'elle n'est jamais parvenue ni à inspirer ni à donner.
Si ce récit fut salutaire pour la narratrice et sa famille, du moins j'ose l'espérer, il peut être aussi pour le lecteur riche d'enseignement à travers le partage de cette expérience vécue par d'autres.
Marie-France C., enseignante retraitée, Bachy