Mémoires d'une jeune fille rangée ?

Si le titre n’était déjà pris, ce livre pourrait s’intituler Mémoires d’une jeune fille rangée. Certes, la jeune fille dont il est question ici a vingt ans aux alentours de mai 68 (soit quarante ans après Simone de Beauvoir), ce qui devrait changer bien des choses. Mais à la sortie du couvent Sainte-Marie, la jeune Catherine aborde le monde et les hommes avec presque autant de naïveté que la jeune Simone d’autrefois : la “bonne”société évolue souvent moins vite qu’on ne le croit. Très long est donc pour elle le temps d’apprendre à vivre, très longue et plutôt cruelle l’éducation sentimentale. Pauvre Catherine qui imaginait la vie devant elle comme une longue ligne droite et se croyait destinée à être la femme d’un seul homme… C’est au bulldozer que les trois “amoureux” et les quelques passants qui traversent sa vie défrichent le terrain vierge, le laissant enfin prêt, on peut l’espérer, pour de futures moissons. À moins que, tel Attila, derrière eux, l’herbe ne repousse pas. C’est au lecteur d’en décider…